L’EMDR, une thérapie brève efficace 

Qu’est-ce-que l’EMDR ?

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing / désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux en français) est une technique thérapeutique découverte par Francine Shapiro docteur en psychologie, née à New York le 18 févirer 1948. 

Suite à un diagnostic de cancer, fin des années 70, elle raconte qu’elle a découvert les bienfaits de l’EMDR lors d’une promenade dans un parc, au cours de laquelle elle se prend à balayer le paysage du regard, et a senti que cela atténuait nettement ses angoisses. 

Dès lors, elle commence à s’intéresser au syndrome de stress post-traumatique. Elle débute alors des essais cliniques d’abord sur un groupe de volontaires en 1987, puis sur des vétérans du Vietnam, en tant que docteur en psychologie au Mental Research de Palo Alto, avant d’en publier les résultats en 1989.

Comment ça marche ?

Lors de tout traumatisme, nos émotions sont refoulées dans le cerveau limbique. Il est donc impossible à notre cortex d’analyser et d’évacuer le traumatisme. D’où la difficulté d’être en paix avec ce qui a été vécu. 

Par exemple, les vétérans du Vietnam gardent des images douleureuses de morts, de tueries qui continuent à les perturber émotionnellement lors de cauchemars, rêves, ou obsessions diurnes. 

Lors du balayage des yeux de droite à gauche, lorsque la personne est remise en contact par ses pensées avec les images douloureuses, les émotions tel que culpabilité, peur, terreur, colère, haine, sont comme libérées du cerveau limbique et peuvent enfin s’exprimer dans une catharsis émotionnelle et/ou verbale qui apaise la tension mise en œuvre pour les garder refoulées.

A qui s’adresse cette technique ?

A toute personne ayant subi un traumatisme dont il garde le souvenir tel que : perte d’un être cher, viol, violence, agression, attentat, guerre, choc, humiliation, vexation, punition, injustice, etc.

Aujourd’hui, d’autres méthodes dérivées de l’EMDR utilise une partie des techniques EMDR dans le même objectif : détraumatiser – telles que la DEMOKA (déprogrammation émotionnelle par les mouvements oculaires kinesthésiques et auditifs) ou l’IMO/EMI (Intégration par les mouvements oculaires, en anglais, Eye Movement Integration), etc.

Florence, 49 ans, a eu recours à cette thérapie et nous livre son témoignage : « Des événements douloureux dans la vie d’un de mes proches au printemps dernier m’ont fait perdre pied et sombrer dans un état dépressif. Je ne pouvais plus rien avaler, ne dormais plus et broyais du noir à longueur de temps. Tout prenait une dimension démesurée et je finissais par me laisser guider par mes angoisses et ne plus rien contrôler. Difficile de mettre des mots sur tout ça, difficile de gérer mes émotions, de les expliquer et de les faire comprendre à mon entourage qui s’inquiétait beaucoup et ne savait pas comment réagir face à ma déprime. Parmi mes amis qui voyaient que je n’allais pas bien du tout, l’un d’eux m’a parlé de l’EMDR, me disant que cette pratique l’avait aidé à comprendre et gérer ses émotions. J’ai immédiatement pris rendez-vous. On m’avait conseillée d’aller voir un psy mais j’avais trop peur qu’on m’assome de médicaments, ou de tomber sur une personne inefficace avec laquelle je pourrais passer des années à faire un travail qui ne résolve rien. Lors de mes premiers rendez-vous chez cette thérapeute, j’ai immédiatement eu une grande confiance en elle et en sa technique. Elle m’a écoutée, comprise et aidée. Elle a fait sortir de moi des angoisses, des peurs, des culpabilités enfouies depuis des années, qui inconsciemment me faisaient énormément souffrir et dictaient certaines de mes attitudes. Grâce à ce travail, mes angoisses diminuaient, je me sentais alors apaisée et avec le temps je me suis rendue compte que tout s’était inversé : ces peurs, qui me géraient et me détruisaient, j’arrivais dorénavant à les canaliser. Grâce au travail accompli, je gère aujourd’hui mes angoisses. Hier, c’étaient elles qui me géraient ». 


>> Au sein de l’association AOM, certains thérapeutes utilisent un mix de toutes ces méthodes intégrées à d’autres pratiques afin de venir à bout de certains traumatismes en seulement quelques séances. En rappelant toutefois que thérapies conventionnelles et non conventionnelles sont infiniment nécessaires et complémentaires.