« Cultiver le désir »

Ce chapitre, tiré du livre de Frédéric Lenoir, Le Miracle de Spinoza (Ed. Fayard), évoque un cas intéressant : « Une personne qui souffre d’une addiction aura beau se raisonner – je suis malheureux, il faut que j’arrête, je me détruis et je gâche ma vie – cela ne lui donnera pas pour autant l’impulsion décisive qui la fera se libérer de cette situation de dépendance. Ce qui l’aidera, en revanche, c’est de découvrir un affect positif qui la poussera à s’affranchir de sa dépendance : tomber amoureux, s’occuper avec joie de quelqu’un, se découvrir une passion pour une activité quelconque, etc. Ces sentiments positifs pourront susciter en elle un nouveau désir, lequel mobilisera sa volonté pour lui donner la force de suivre sa raison. J’ai ainsi connu un jeune adulte dépressif, incapable de prendre sa vie en main. Une amie eut un jour la bonne idée de lui offrir un chat. En quelques jours, il s’est intéressé au chat et s’est attaché à lui. Cet amour a déclenché le désir de prendre soin de l’animal et a mobilisé ses forces pour se lever le matin afin de le nourrir, sortir lui acheter ce dont il avait besoin, l’amener chez le vétérinaire, etc. Peu à peu, ce jeune homme est sorti de sa dépression, il est redevenu actif et s’est resocialisé. Son amour pour ce chat a été plus fort que le découragement qui l’envahissait, et a suscité en lui d’autres perspectives lui permettant de changer. »